Alix Pham

Après l'École polytechnique, j'avais tout ce qu'il fallait pour une belle carrière en ingénierie biomédicale. Un diplôme prestigieux, un secteur reconnu, un avenir tout tracé. Sauf que quelque chose me travaillait - une question que je n'arrivais pas à formuler vraiment, mais que je ne pouvais pas ignorer non plus.
Après une classe préparatoire et un diplôme d'ingénieure de l'École polytechnique, j'ai poursuivi un parcours classique en ingénierie biomédicale. Je suivais le chemin tout tracé devant moi, en commençant par choisir de faire une thèse - et en repoussant ainsi un peu plus la décision du choix de carrière.
Puis j’ai découvert l'altruisme efficace. Cette découverte m'a amenée à cadrer et structurer les questionnements qui me travaillaient. Ma principale question est passée de « Que faire de mes compétences ? » à « Où mes compétences sont-elles les plus utiles ? ». C'est un basculement qui peut sembler subtil, mais qui a beaucoup changé mon approche.
« Ce n'est pas un plan de carrière que l'altruisme efficace m'a donné. C'est une manière de faire des choix délibérés. »
J'ai commencé par m'impliquer dans les communautés de l'altruisme efficace en Suisse et en France. J’ai quitté ma thèse pour devenir co-directrice d’Effective Altruism Switzerland. Cette expérience m'a construit, à la fois au contact des autres qui étaient à la recherche de sens, et par les idées auxquelles j’ai pu être confrontée.
Cela m’a permis d’explorer divers domaines où une formation scientifique me donnait un avantage comparatif : la biosécurité d'abord, et la gouvernance de l'intelligence artificielle ensuite. Ce cheminement m’a amenée à mon poste actuel au Simon Institute for Longterm Governance, où je facilite le travail de mon équipe sur la diplomatie autour des systèmes d'intelligence artificielle les plus puissants.
« Une formation scientifique peut mener très loin des laboratoires. Pour moi, c'est sans regrets. »
Par ailleurs, je me suis engagée à donner 10 % de mes revenus à des organisations dont l'efficacité a été évaluée. C’est un engagement qui peut surprendre, mais qui prend tout son sens quand on le met en perspective de mes privilèges et de l'impact potentiel de ces dons.
Si je devais retenir une chose de mon parcours, c’est qu’il est possible de se poser les bonnes questions sans trop se soucier de ce que l'on attend de nous. Aujourd’hui, je me sens épanouie dans mes choix et mon impact, et si cela m’a éloignée de mes projets originaux, c’est pour le mieux.
