Sam Bankman-Fried et FTX : ce qui s'est passé, et ce que cela nous apprend

Altruisme Efficace France
4/8/2026

Sam Bankman-Fried, aussi connu sous ses initiales SBF, est le fondateur de FTX, une plateforme d'échange de cryptomonnaies qui s'est effondrée de façon spectaculaire en novembre 2022. En mars 2024, il a été condamné par la justice américaine à 25 ans de prison et à une amende de 11 milliards de dollars pour avoir détourné plusieurs milliards de dollars appartenant à des centaines de milliers de client·es de FTX.

Avant cet effondrement, Sam Bankman-Fried était présenté dans les médias comme l'un des milliardaires les plus généreux de sa génération. Il était notamment l'un des donateurs et figures les plus en vue du mouvement de l'altruisme efficace, dont il incarnait la stratégie du « gagner pour donner » : plutôt que de travailler directement dans une ONG ou dans un métier à impact social, il avait choisi une activité particulièrement lucrative et reversait une part significative de ses revenus à des organisations caritatives.

Cet article propose de revenir sur les liens entre Sam Bankman-Fried et l'altruisme efficace, et de chercher à répondre honnêtement à cette question : l'épisode SBF est-il un cas isolé, ou le symptôme d'un problème plus profond dans le mouvement ? Nous retraçons ce qui s'est passé, et examinons les leçons que le mouvement de l'altruisme efficace en a tirées, avant de faire le point sur la situation en 2026, et de partager la position d'Altruisme Efficace France.

Qui était Sam Bankman-Fried ?

Samuel Benjamin Bankman-Fried naît en 1992 en Californie, dans une famille de professeurs de droit à l'Université de Stanford. Brillant étudiant, il obtient un diplôme en physique au MIT en 2014, avant de rejoindre Jane Street Capital, une société de trading financier à New York.

C'est quelques années plus tôt, en 2012, qu'il fait une rencontre qui va orienter sa trajectoire : William MacAskill, alors jeune doctorant en philosophie à Oxford, et l'un des fondateurs intellectuels du mouvement de l'altruisme efficace. Au cours d'un déjeuner, MacAskill lui présente le concept d'earning to give - littéralement « gagner pour donner »1. L'idée est simple : plutôt que de travailler directement dans une ONG ou une autre voie à impact, certaines personnes peuvent avoir plus d'impact en choisissant une carrière lucrative et en reversant une grande partie de leurs revenus à des associations particulièrement efficaces. Sam Bankman-Fried, qui hésitait alors entre une carrière dans le journalisme et la politique, est convaincu. Il poursuit sa carrière dans la finance quantitative et commence à donner une part significative de son salaire, principalement à des associations de protection animale.

En 2017, après un bref passage au Centre for Effective Altruism, il quitte Jane Street et fonde Alameda Research, une société de trading spécialisée dans les cryptomonnaies. Il identifie rapidement une opportunité lucrative : le prix du Bitcoin varie d'un pays à l'autre, et en achetant là où il est bon marché pour le revendre là où il est plus cher, il peut générer des profits considérables. Ce type d'opération est couramment nommé « arbitrage ». En 2018, une opération d'arbitrage entre le Japon et les États-Unis rapporte à Alameda Research entre 10 et 30 millions de dollars.

En 2019, fort de ce succès, il fonde FTX, une plateforme d'échange de cryptomonnaies destinée à permettre à des particuliers et à des professionnel·les d'acheter, vendre et échanger des actifs numériques. FTX croît à une vitesse fulgurante et en 2021, elle est valorisée à 40 milliards de dollars.

Sam Bankman-Fried est alors âgé de 29 ans. Il est connu dans les médias américains comme l'une des personnes de moins de 30 ans les plus riches du monde.

Il lance en janvier 2022 le Future Fund, une fondation adossée à FTX et dotée de plusieurs centaines de millions de dollars, dédiée notamment à la lutte contre les risques catastrophiques mondiaux2. William MacAskill en devient conseiller non rémunéré3. Sam Bankman-Fried devient aussi l'un des plus gros donateurs politiques aux États-Unis, versant près de 40 millions de dollars principalement à des organisations démocrates.

L'organisation 80,000 Hours, référence du mouvement pour l'orientation professionnelle à impact, le met en avant comme un exemple de réussite de la stratégie du « gagner pour donner »4. En février 2022, elle interview Sam Bankman-Fried dans un podcast où il défend une approche de prise de risque maximale pour avoir un très fort impact social.

Ce qui se passait vraiment

Derrière cette façade, une réalité sombre prenait forme.

En septembre 2022, Sam Bankman-Fried indique à la direction de Future Fund qu'il souhaite réduire ses promesses de dons en raison du ralentissement du marché crypto. En parallèle, il cherche activement des fonds auprès de riches investisseurs5. Un peu plus tôt, il avait secrètement et illégalement transféré au moins 4 milliards de dollars de dépôts clients de FTX vers Alameda Research, sa propre société de trading6. Ces client·es - des centaines de milliers de personnes dans le monde - avaient déposé leur argent sur FTX en croyant qu'il y était conservé en sécurité. En réalité, il était utilisé pour financer des investissements spéculatifs risqués.

Le 2 novembre 2022 marque un tournant. Un article du site spécialisé CoinDesk révèle que le bilan d'Alameda Research repose majoritairement sur le jeton FTT, créé par FTX, soulevant des doutes sur la solvabilité du groupe. Le 6 novembre 2022, le PDG de Binance, Changpeng Zhao, annonce sur Twitter la vente de ses avoirs en FTT. La panique s'installe : en 72 heures, les client·es de FTX tentent de retirer 6 milliards de dollars de la plateforme. FTX ne peut pas y faire face.

Le 10 novembre 2022, les autorités des Bahamas, où Sam Bankman-Fried et ses proches collaborateur·ices sont installé·es, gèlent les actifs de la filiale locale de FTX. L'équipe du Future Fund démissionne collectivement.

Le 11 novembre 2022, FTX et Alameda Research se déclarent en faillite. Des centaines de milliers de client·es perdent tout ou partie de leurs avoirs. Sam Bankman-Fried démissionne de son poste de PDG. Le même jour, lui-même et plusieurs autres employé·es transfèrent secrètement 473 millions de dollars depuis FTX vers Alameda Research pour tenter de régler ses dettes.

Un mois plus tard, Sam Bankman-Fried est arrêté à la demande des autorités américaines.

Le procès s'ouvre à New York en octobre 2023. Ses proches collaborateur·ices - dont Caroline Ellison, ancienne directrice générale d'Alameda Research et ancienne compagne de Sam Bankman-Fried - témoignent contre lui et confirment qu'il les avait directement chargé·es de commettre les fraudes.

Le 2 novembre 2023, Sam Bankman-Fried est reconnu coupable des sept chefs d'accusation retenus contre lui : fraude, complot et blanchiment d'argent. Le 28 mars 2024, il est condamné à 25 ans de prison et à une amende de 11 milliards de dollars.

Au moment de la faillite, on estime qu'environ 1 million de client·es et investisseurs ont fait face à des pertes d'argent se chiffrant en milliards de dollars. 

Ce que le mouvement de l'altruisme efficace en a appris

Le choc dans la communauté de l'altruisme efficace a été profond. Des organisations ont perdu une partie de leurs financements du jour au lendemain. Avant son effondrement, le Future Fund revendiquait avoir distribué environ 190 millions de dollars, toutes causes confondues - santé, climat, politique et organisations affiliées à l'altruisme efficace incluses. Une liste assez détaillée de ces subventions est publique, mais elle ne permet pas de reconstituer parfaitement ce total, ni de savoir avec certitude quels engagements ont réellement été honorés après la faillite.

Ce que l'on sait, c'est que parmi les subventions documentées, 15 millions de dollars sont allés à une organisation appelée Longview Philanthropy, et 13,9 millions ont été promis au Centre for Effective Altruism - promesse finalement non honorée. Il est à noter que William MacAskill, conseiller du Future Fund, ainsi que Nick Beckstead, directeur exécutif du Future Fund, siégeaient tous deux aux conseils d'administration de ces deux organisations bénéficiaires. Une enquête indépendante commanditée par Effective Ventures n'a trouvé aucune preuve qu'ils aient eu connaissance des fraudes criminelles perpétrées par Sam Bankman-Fried7 ; il n'en reste pas moins que cela interroge sur l'ampleur des conflits d'intérêt en jeu.

Les signaux d'alerte se sont accumulés contre Sam Bankman-Fried bien avant l'effondrement. Dès 2017, des membres fondateurs d'Alameda Research avaient quitté la société en accusant Sam Bankman-Fried de prendre des risques inconsidérés et de manquer de transparence8. Ces alertes ne semblent pas avoir donné lieu à des réactions significatives dans le mouvement de l'altruisme efficace - en partie, peut-être, parce que quand un donateur représente une part aussi significative du financement d'un mouvement, il devient plus difficile de le remettre en question.

Ces éléments soulèvent une question difficile et légitime : le mouvement de l'altruisme efficace aurait-il pu faire mieux ? Après l'effondrement, 80,000 Hours a reconnu publiquement avoir commis une erreur de jugement en présentant Sam Bankman-Fried comme un modèle, et s'en est excusé auprès de ses lecteurs. William MacAskill a pris la parole pour condamner les actes de Sam Bankman-Fried et revenir sur les différentes leçons qu'il en a tirées.

Collectivement, plusieurs leçons ont été tirées :

Leçon 1 : de bonnes structures de gouvernance sont non négociables pour éviter l'accumulation de pouvoir. Dans un podcast enregistré en 20249, MacAskill insiste notamment sur les échecs de gouvernance qui ont entouré l'affaire Sam Bankman-Fried, et l'importance d'une meilleure structuration pour éviter que de tels événements ne se reproduisent. FTX ne disposait même pas de conseil d'administration : Sam Bankman-Fried était quasiment le seul à pouvoir prendre des décisions importantes. Pour prévenir les comportements problématiques, il est important d'intervenir sur les mécanismes de contrôle, de feedbacks et d'incitations auxquels font face les individus, notamment ceux en situation de pouvoir.

Leçon 2 : il est nécessaire de diversifier les sources de financement. La dépendance à un donateur crée un risque financier systémique, des incitations perverses à ne pas le remettre en question, et un terrain propice aux conflits d'intérêt. Aujourd'hui, le mouvement de l'altruisme efficace cherche à diversifier plus activement ses sources de financement, qui restent encore malheureusement très concentrées10.

Leçon 3 : l'intégrité doit être réaffirmée comme valeur fondamentale. Sam Bankman-Fried avait publiquement défendu une approche de prise de risque extrême, justifiée par l'ampleur du bien qu'il espérait faire11. Cette logique est naïve, dangereuse et trompeuse, notamment poussée à son maximum sans garde-fou éthique. 80,000 Hours a depuis réaffirmé que l'intégrité est une valeur fondamentale, indépendante des calculs de résultats escomptés - aux côtés de l'honnêteté, l'humilité et l'esprit de collaboration12.

Leçon 4 : il faut aborder la question du « gagner pour donner » à grande échelle avec prudence. Cette stratégie comporte des risques spécifiques lorsqu'elle est poussée à l'extrême : hubris, corruption par le succès et l'argent, sentiment d'être au-dessus des règles. Sam Bankman-Fried peut être perçu comme quelqu'un de corrompu par son propre pouvoir, ayant pris des risques inconsidérés à répétition sans en subir les conséquences. Aujourd'hui, les organisations de l'altruisme efficace qui accompagnent des personnes à choisir une carrière lucrative pour gagner pour donner les encouragent à fixer des limites éthiques non négociables, à privilégier des revenus stables et fiables, à prendre des engagements publics à donner, à être transparent·es sur leurs décisions et leurs sources de revenus, et à s'entourer de personnes qui les encouragent dans leur démarche.

Leçon 5 : il ne faut pas valoriser excessivement les individus. On peut avoir tendance à supposer que les personnes engagées pour les autres seraient globalement plus fiables sur des dimensions comme l'intégrité. En vérité, il vaut mieux supposer par défaut qu'ils et elles sont dans la moyenne sur leurs traits de caractère, et ne pas céder à l'admiration excessive ni à la complaisance à leur égard.

Le « gagner pour donner » est-il discrédité pour autant ?

C'est l'une des questions qui revient le plus souvent depuis l'affaire Sam Bankman-Fried. Si l'exemple le plus célèbre de cette stratégie s'est révélé être un fraudeur, faut-il l'abandonner ?

Nous pensons que la réponse est non.

La démarche de « gagner pour donner » repose sur une intuition solide et documentée : plutôt que de chercher à travailler directement pour une cause, certaines personnes peuvent avoir plus d'impact en choisissant un métier lucratif et en reversant une part significative de leurs revenus à des organisations particulièrement efficaces. Cette stratégie est notamment pertinente pour celles et ceux dont les compétences sont très demandées sur des marchés porteurs, ou pour qui une transition vers un travail à impact direct serait longue ou incertaine. Nous avons consacré un article entier à ce sujet, que nous vous invitons à lire.

Cette stratégie n'est pas sans limites réelles, que nous examinons dans notre article. Elle suppose notamment de choisir une profession moralement neutre ou positive et de se méfier de la dérive des valeurs : lorsqu'on est convaincu·e que l'objectif est de maximiser sa richesse pour mieux donner, on peut progressivement se convaincre que les moyens utilisés importent peu. C'est précisément cette logique - et non la démarche de gagner pour donner en elle-même - qui a conduit Sam Bankman-Fried à franchir des lignes éthiques et légales qu'aucun objectif, aussi louable soit-il, ne peut justifier.

Ce que Sam Bankman-Fried a fait n'est donc pas une version extrême ou « trop poussée » du « gagner pour donner ». Frauder des centaines de milliers de client·es pour financer ses propres paris spéculatifs n'a rien à voir avec l'idée de choisir un métier plus lucratif qu'un autre pour redistribuer ses ressources. Utiliser le langage de l'altruisme pour couvrir une fraude est une forme de manipulation et d'hypocrisie morale, pas une application - même imparfaite - d'une philosophie.

Sam Bankman-Fried n'est pas l'altruisme efficace

Revenons à la question posée en introduction : l'épisode Sam Bankman-Fried est-il symptomatique d'un problème plus profond dans les idées de l'altruisme efficace ?

D'un côté, la communauté de l'altruisme efficace a commis de vraies erreurs collectives : elle a fait trop confiance à un individu, n'a pas suffisamment questionné les signaux d'alarme, et a laissé une concentration de pouvoir et de financement se former autour de Sam Bankman-Fried sans contrôle suffisant et avec certainement trop de complaisance. Ces erreurs méritent d'être reconnues et prises au sérieux, et les organisations du mouvement doivent chercher à s'en prémunir. Par exemple, sur le plan de la gouvernance du mouvement, le Centre for Effective Altruism a engagé, depuis janvier 2024, un processus de séparation d'avec Effective Ventures - l'organisation qui l'hébergeait jusqu'alors aux côtés d'autres projets comme 80,000 Hours ou Giving What We Can - dans le but de devenir une organisation indépendante, dotée de sa propre gouvernance.

De l'autre, il serait intellectuellement malhonnête de conclure que ces erreurs, et les événements qui ont entouré Sam Bankman-Fried, disqualifient les principes fondamentaux de l'altruisme efficace. Les pratiques d'un individu ne définissent pas un mouvement dans son entièreté. L'altruisme efficace, rappelons-le, est une démarche qui invite à chercher les meilleures façons d'aider autrui, avec rigueur, intégrité et humilité. Ces principes sont en contradiction directe avec ce que Sam Bankman-Fried a fait. Comme l'a formulé William MacAskill : Sam Bankman-Fried a agi en dépit des principes de l'altruisme efficace, pas à cause d'eux.

Avant tout, l'altruisme efficace est une question - comment puis-je avoir le plus d'impact possible si je veux aider les autres ? - et une communauté de personnes qui cherchent à y répondre sérieusement. Cette question reste entière et importante.

Où en sont les ancien·nes client·es de FTX ?

Au moment où nous écrivons cet article, le remboursement des client·es de FTX a nettement progressé, et les procédures devraient continuer jusqu'en 2027. Piloté par le FTX Recovery Trust, le processus de remboursement a connu plusieurs vagues de versements depuis janvier 2025, dont une quatrième distribution d'environ 2,2 milliards de dollars fin mars 2026. À ce stade, la plupart des client·es ont atteint ou dépassé 100 % de la valeur de leurs avoirs déposés sur la plateforme, intérêts compris.

La position d'Altruisme Efficace France

Altruisme Efficace France condamne sans ambiguïté les actes de Sam Bankman-Fried. Ce qu'il a fait - utiliser secrètement les dépôts de centaines de milliers de client·es pour financer ses propres activités, leur mentir pendant des mois, manipuler ses collaborateur·ices et se servir du langage de l'altruisme comme d'un vernis de respectabilité - est une fraude grave, qui a causé des préjudices réels à des personnes réelles. Aucun calcul d'impact, aucune promesse de dons futurs, ne justifie cela.

Nous partageons les leçons tirées par le mouvement international : l'intégrité n'est pas négociable, la vigilance face à la concentration du pouvoir est nécessaire, et la confiance en un individu ne remplace pas des structures de gouvernance saines et transparentes.

À Altruisme Efficace France, nous avons été relativement épargné·es financièrement par ces événements : l'association est en effet financée par le Centre for Effective Altruism et par des dons individuels. Cet épisode a cependant été très marquant et a renforcé notre engagement en faveur d'une gouvernance claire et de la transparence sur notre activité, avec des politiques strictes de règlement intérieur et des rapports annuels destinés aux adhérent·es de l'association, par exemple.

Nous restons convaincu·es que les principes qui guident notre travail - aider les gens à réfléchir à la manière dont ils peuvent avoir le plus d'impact, avec honnêteté et rigueur - sont plus pertinents que jamais. Si cette histoire vous interpelle et vous amène à questionner l'altruisme efficace, nous trouvons cela sain. L'altruisme efficace est précisément une démarche qui invite à questionner, y compris ses propres figures et ses propres pratiques. C'est ce que nous essayons de faire, et c'est ce que nous continuerons à faire.

Notes et références
  1. Cet événement est relaté par William MacAskill ici : https://podcast.clearerthinking.org/episode/206/will-macaskill-what-should-the-effective-altruism-movement-learn-from-the-Sam Bankman-Fried-ftx-scandal/
  2. https://ftxfuturefund.org.cach3.com/index.html%3Fp=28.html
  3.  Cet événement est relaté par William MacAskill ici : https://podcast.clearerthinking.org/episode/206/will-macaskill-what-should-the-effective-altruism-movement-learn-from-the-Sam Bankman-Fried-ftx-scandal/
  4. https://80000hours.org/stories/sam-bankman-fried/
  5. https://www.wsj.com/livecoverage/sam-bankman-fried-ftx-trial-caroline-ellison/card/sam-bankman-fried-entertained-plan-to-raise-capital-from-saudi-crown-prince-kA7DETp8tzEizARSQgYE
  6. Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Sam_Bankman-Fried#cite_ref-bloomberg_bankruptcy_91-0:~:text=Anonymous,public%2E
  7. https://forum.effectivealtruism.org/users/jason-p-w-halperin
  8. https://www.foxbusiness.com/markets/early-alameda-staffers-quit-after-battling-sam-bankman-fried-over-risk-compliance-concerns
  9. https://podcast.clearerthinking.org/episode/206/will-macaskill-what-should-the-effective-altruism-movement-learn-from-the-Sam Bankman-Fried-ftx-scandal/
  10. Un exemple d'article sur la concentration des financements dans l'altruisme efficace : https://forum.effectivealtruism.org/posts/x8JrwokZTNzgCgYts/funding-diversification-for-mid-large-ea-organizations-is
  11. Comme ici : https://open.spotify.com/episode/18UPmoLsr9j4sdFai8y6pS?si=jXkvlylcQseheFxPY5piKA&nd=1&dlsi=29d1a51ee71f43a1
  12. Comme ici : https://80000hours.org/2023/03/why-you-should-think-about-virtues-even-if-youre-a-consequentialist/
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